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L'actualité en Rhumatologie

 


Revue de presse hebdomadaire N°110
du 24 septembre 2002
®Medespace 2002


La revue de presse de rhumatologie est réalisée par France-Rhumato sous la direction des Professeurs René-Marc Flipo, Eric Hachulla, et Bernard Cortet en toute indépendance et sous la seule responsabilité des Editions ESTEM.

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Cette revue de presse destinée aux médecins professionnels est soumise à la législation du copyright international et ne peut être diffusée sans l'accord de ESTEM-Medespace.
Nous vous rappelons, en ce qui concerne les revues de presse de Medespace dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche, que les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées (notamment en France par l'AMM) et ne doivent donc pas être mises en pratique systématiquement.

Taux sériques d'ostéoprotégerine chez l'homme et la femme.
De nouveaux facteurs permettant d'expliquer les interactions entre ostéoblastes et ostéoclastes ont récemment été découverts. L'implication de ceux-ci apparaît majeure au cours de la perte osseuse post-ménopausique et donc à terme de l'ostéoporose, mais également dans d'autres pathologies pour lesquelles les rhumatologues sont particulièrement concernés. Parmi celles-ci, il faut citer le myélome multiple, les métastases osseuses mais aussi la polyarthrite rhumatoïde. Les nouveaux facteurs régulant la différenciation ostéoclastique sont d'une part RANK ("receptor activator of nuclear factor-kappa-B"), RANK ligand (RANK-L) ainsi que l'ostéoprotégérine (OPG). RANK-L est exprimé à la surface des cellules stromales et des ostéoblastes. Son absence d'expression chez la souris est à l'origine d'une ostéoporose. RANK est exprimé quant à lui sur les précurseurs ostéoclastiques. RANK et RANK-L interagissent l'un vis-à-vis de l'autre par l'intermédiaire d'une interaction directe cellule-cellule. Ils ont un rôle important dans la différenciation ostéoclastique. Enfin, l'OPG est un récepteur leurre soluble. Il reconnaît RANK-L et empêche ainsi l'interaction RANK-RANK-L.
Nous disposons depuis de kits permettant notamment le dosage de l'OPG.
Khosla et coll. ont évalué les taux sériques d'OPG dans le cadre d'une large population d'hommes sains (N=346) et de femmes dont certaines étaient ménopausées, d'autres ne l'étaient pas (N=304). Les auteurs ont démontré une augmentation des taux d'OPG avec l'âge. Cette augmentation était plus prononcée chez les hommes que chez les femmes (R=0,39 et R=0,19 respectivement). Les taux d'OPG étaient plus élevés en revanche chez les femmes non ménopausées que chez les femmes ménopausées. La concentration d'OPG est inversement corrélée avec les taux de testostérone chez l'homme (R=-0,27). En revanche, il n'a pas été constaté chez la femme d'interaction entre l'OPG et les œstrogènes et la testostérone. Une tendance a été observée uniquement chez les hommes quant à une relation positive entre les taux d'OPG et les marqueurs du remodelage osseux, et négative avec la densité minérale osseuse.
Ces données préliminaires méritent d'être confirmées. Compte tenu de l'implication potentielle du système préalablement mentionné, on peut concevoir à l'avenir que la prise en compte des taux d'OPG puisse éventuellement constituer un élément, parmi d'autres, susceptible de mieux appréhender le risque fracturaire. Dans d'autres pathologies, on peut également concevoir que les taux d'OPG puissent constituer un facteur pronostique.
Rédacteur : Bernard Cortet
> Khosla S, Arrighi HM, Melton LJ 3rd et al. Correlates of osteoprotegerin levels in women and men. Osteoporos Int. 2002 May;13(5):394-9.


Traitement du syndrome SAPHO par anti-TNFalpha.
Plusieurs publications ont souligné l'intérêt potentiel des biothérapies anti-TNFalpha dans le traitement des spondylarthropathies, notamment la spondylarthrite ankylosante, le rhumatisme psoriasique et les spondylarthropathies indifférenciées. L'intérêt du recours aux anti-TNFalpha dans le syndrome SAPHO a été récemment mentionné dans deux observations. Il s'agit de 2 nouveaux cas cliniques pour lesquels les auteurs démontrent tout d'abord l'existence d'une hyperexpression du TNFalpha dans les lésions d'ostéite du syndrome SAPHO et, d'autre part, l'efficacité potentielle de ces agents biologiques dans le cas de SAPHO réfractaires.
La première observation est celle d'une femme de 44 ans avec pustulose palmo-plantaire et ostéite mandibulaire. On note l'échec préalable des anti-inflammatoires non stéroïdiens, de divers antibiotiques, de la corticothérapie, du méthotrexate, de la calcitonine et de plusieurs bisphosphonates. L'hyperexpression de TNFalpha a été démontrée par hybridation in situ et immunohistochimie. Cette malade a été traitée par étanercept à la dose de 25 mg deux fois/semaine. Avec un recul de 9 mois, les auteurs illustrent un excellent rapport efficacité/tolérance avec importante réduction de la corticothérapie et amélioration des lésions en IRM.
La 2ème observation est celle d'une femme de 41 ans avec atteinte manubriosternale. On retrouve l'échec préalable de la corticothérapie, de la ciclosporine, du méthotrexate et de bisphosphonates en intraveineux. Sur les biopsies, de même, a été illustrée une hyperexpression de TNF alpha. Cette malade a tout d'abord été traitée par infliximab (1ère perfusion à 5 mg/kg puis les 3 suivantes à 3 mg). Les auteurs ont observé une rapide amélioration clinico-biologique, mais une suspicion d'intolérance à l'infliximab (dyspnée) a secondairement conduit au passage à l'étanercept. Avec un recul de 9 mois, les auteurs constatent une importante amélioration clinico-biologique maintenue.
Rédacteur : René-Marc Flipo
> Wagner AD, Andresen J, Jendro MC et al. Sustained response to tumor necrosis factor alpha-blocking agents in two patients with SAPHO syndrome. Arthritis Rheum. 2002 Jul;46(7):1965-8. No abstract available.


Controverses sur l'inhibition sélective de la Cox2 : conclusions de "l'International Cox2 Study Group".
En janvier 2001, un panel d'experts internationaux s'est réuni afin de répondre à diverses questions pratiques concernant l'inhibition sélective Cox2 (panel qui regroupait rhumatologues, gastro-entérologues, néphrologues, cardiologues, épidémiologistes et pharmacologues). Cette réunion s'est tenue à Washington (le compte rendu ayant été secondairement enrichi de deux réunions délibératives avec les autorités de la FDA - février 2001). Les inhibiteurs sélectifs de la Cox2 s'accompagnent-ils d'une meilleures tolérance digestive ? L'analyse des essais randomisés et des études CLASS et VIGOR conduit les auteurs à retenir que les coxibs sont responsables d'une moindre incidence d'accidents digestifs versus AINS conventionnels comme le naproxène (VIGOR) ou l'ibuprofène (CLASS). Y a-t-il un intérêt à prescrire préventivement un traitement gastroprotecteur chez un malade traité par anti-Cox2 ? En pratique cette coprescription préventive n'apparaît pas justifiée chez les malades traités par inhibiteurs de la Cox2. Cependant, des troubles digestifs fonctionnels non associés à des lésions ulcéreuses peuvent apparaître sous traitement (la fréquence des troubles dyspeptiques étant cependant inférieure sous coxib). La coprescription d'aspirine à petites doses augmente-t-elle le risque d'ulcères digestifs chez les malades traités par anti-Cox2 ? Les malades traités par aspirine à petites doses pour traitement préventif cardiovasculaire et qui sont à risque de complication ulcéreuse devraient recevoir un traitement gastroprotecteur et ce malgré la prescription éventuelle d'anti-Cox2. Les résultats de l'étude CLASS suggèrent la gastrotoxicité potentielle de l'aspirine même à petite dose.
Les inhibiteurs sélectifs de la Cox2 s'accompagnent-ils d'une meilleure tolérance rénale ? Les experts concluent sur le fait que les anti-Cox2 sélectifs sont potentiellement responsables d'effets indésirables néphrologiques à l'image des AINS non sélectifs. Ainsi, faut-il rester prudent chez les sujets ayant une insuffisance rénale. Les sujets à risque (cardiopathie préexistante, affections hépatiques ou rénales) et traités par anti-Cox2 doivent faire l'objet d'une surveillance étroite à l'image des sujets traités par AINS conventionnels.
QUID des coxibs sur la tension artérielle et le risque d'œdème ? Les experts considèrent que la fréquence de survenue d'une hypertension artérielle et d'œdèmes chez les malades traités par anti-Cox2 sélectifs est globalement équivalente à celle observée avec les autres AINS. Les mêmes modalités de surveillance doivent être préconisées chez les malades traités par anti-Cox2. Les malades à risque cardiovasculaire doivent-ils faire l'objet d'un traitement par aspirine à petites doses concomitamment à l'inhibition sélective Cox2 ? Les experts considèrent que les malades traités par anti-Cox2 sélectifs mais aussi sous AINS non sélectifs doivent faire l'objet de la poursuite ou de l'instauration d'un traitement par aspirine à petites doses s'il existe une indication potentielle d'un traitement cardiovasculaire préventif. Les malades recevant déjà un traitement par aspirine à petites doses ne doivent pas interrompre ce traitement lors de la prescription d'un anti-Cox2 sélectif ou autre AINS.
Existe-t-il une différence en termes de profil de tolérance entre les deux coxibs actuellement disponibles ? Bien que certaines différences soient parfois mises en évidence dans certains essais cliniques randomisés, les experts considèrent qu'il n'est pas possible de retenir de différence significative entre les deux molécules (célécoxib et rofécoxib) et ce en l'absence d'études complémentaires randomisées comparatives.
Les auteurs terminent cette conférence de consensus sur l'élaboration de nombreuses questions complémentaires.
Rédacteur : René-Marc Flipo
> Simon LS, Smolen JS, Abramson SB et al. Controversies in COX-2 selective inhibition. J Rheumatol. 2002 Jul;29(7):1501-10. No abstract available.


Identification des facteurs de risque du lupus systémique.
Une prédisposition génétique, des facteurs hormonaux endogènes, des facteurs environnementaux interviennent dans le développement du lupus systémique. Un certain nombre de médicaments, particulièrement ceux qui contiennent des amines aromatiques, pourraient être à l'origine de certains lupus. Certains agents environnementaux comme le tabac ou les produits colorants des cheveux pourraient aussi intervenir. Bengtsson et coll. ont recherché des facteurs de risque de lupus dans une population de 85 patients versus population contrôle (n=205). Les facteurs qui ressortent significativement après étude multivariée sont :
- allergies médicamenteuses : OR = 3,6 ; IC 95% = 1,4-9,5
- photosensibilité : OR = 2,3 ; IC 95% = 1,1-4,8
- antécédents familiaux de lupus : OR = 6,8 ; IC 95% = 1,4-32
D'autres facteurs apparaissent comme mineurs :
- tabagisme : OR = 1,8 ; IC 95% = 0,9-3,6
- antécédents de transfusion sanguine : OR = 2,3 ; IC 95% = 0,9-5,8
En revanche, l'alcool apparaît protecteur :
- consommation d'alcool > 150 g/mois : OR = 0,2 ; IC 95% = 0,1-0,5 !
Ni l'utilisation antérieure d'œstroprogestatifs, ni l'utilisation de colorants pour cheveux n'apparaissent comme facteurs de risque dans cette étude.
Rédacteur : Eric Hachulla
> Bengtsson AA, Rylander L, Hagmar L, Nived O, Sturfelt G. Risk factors for developing systemic lupus erythematosus: a case-control study in southern Sweden. Rheumatology (Oxford). 2002 May;41(5):563-71.


Incidence des maladies systémiques : données actuelles de la littérature.
 
  Pays Période de l'étude Incidence Référence
Vascularite systémique primitive Allemagne 1998-1999 41-54 Reinhold-Keller E, Herlyn K, Wagner-Bastmeyer R et al. No difference in the incidences of vasculitides between north and south Germany: first results of the German vasculitis register. Rheumatology (Oxford). 2002 May;41(5):540-9.
LES UK 1991 38 Johnson AE, Gordon C, Palmer RG, Bacon PA. The prevalence and incidence of systemic lupus erythematosus in Birmingham, England. Relationship to ethnicity and country of birth. Arthritis Rheum. 1995 Apr;38(4):551-8.
LES Suède 1981-1986 45 Stahl-Hallengren C, Jonsen A, Nived O, Sturfelt G. Incidence studies of systemic lupus erythematosus in Southern Sweden: increasing age, decreasing frequency of renal manifestations and good prognosis. J Rheumatol. 2000 Mar;27(3):685-91.
LES Suède 1987-1991 48 Stahl-Hallengren C, Jonsen A, Nived O, Sturfelt G. Incidence studies of systemic lupus erythematosus in Southern Sweden: increasing age, decreasing frequency of renal manifestations and good prognosis. J Rheumatol. 2000 Mar;27(3):685-91.
LES USA 1950-1979 15 Uramoto KM, Michet CJ Jr, Thumboo J, Sunku J, O'Fallon WM, Gabriel SE. Trends in the incidence and mortality of systemic lupus erythematosus, 1950-1992. Arthritis Rheum. 1999 Jan;42(1):46-50.
LES USA 1980-1992 56 Uramoto KM, Michet CJ Jr, Thumboo J, Sunku J, O'Fallon WM, Gabriel SE. Trends in the incidence and mortality of systemic lupus erythematosus, 1950-1992. Arthritis Rheum. 1999 Jan;42(1):46-50.
LES USA 1996 73 Jacobson DL, Gange SJ, Rose NR, Graham NM. Epidemiology and estimated population burden of selected autoimmune diseases in the United States. Clin Immunol Immunopathol. 1997 Sep;84(3):223-43. Review.
Sclérodermie systémique USA ND 19 Silman AJ. Scleroderma--demographics and survival. J Rheumatol Suppl. 1997 May;48:58-61. Review.
Sclérodermie systémique USA 1963-1982 14 Steen VD, Oddis CV, Conte CG, Janoski J, Casterline GZ, Medsger TA Jr. Incidence of systemic sclerosis in Allegheny County, Pennsylvania. A twenty-year study of hospital-diagnosed cases, 1963-1982. Arthritis Rheum. 1997 Mar;40(3):441-5.
Vascularite rhumatoïde UK 1992-1997 18 Lane SE, Scott DG, Heaton A, Watts RA. Primary renal vasculitis in Norfolk--increasing incidence or increasing recognition? Nephrol Dial Transplant. 2000 Jan;15(1):23-7.
Maladie de Horton Allemagne 1998 32,4 chez l'homme
45,8 chez la femme
Reinhold-Keller E, Herlyn K, Wagner-Bastmeyer R et al. No difference in the incidences of vasculitides between north and south Germany: first results of the German vasculitis register. Rheumatology (Oxford). 2002 May;41(5):540-9.
Maladie de Horton Allemagne 1999 17,6 chez l'homme
35,4 chez la femme
Reinhold-Keller E, Herlyn K, Wagner-Bastmeyer R et al. No difference in the incidences of vasculitides between north and south Germany: first results of the German vasculitis register. Rheumatology (Oxford). 2002 May;41(5):540-9.
Spondylarthrite ankylosante Finlande 1980-1990 69 Kaipiainen-Seppanen O, Aho K, Heliovaara M. Incidence and prevalence of ankylosing spondylitis in Finland. J Rheumatol. 1997 Mar;24(3):496-9.
Spondylarthrite ankylosante Finlande 1995 60 Kaipiainen-Seppanen O, Aho K. Incidence of chronic inflammatory joint diseases in Finland in 1995. J Rheumatol. 2000 Jan;27(1):94-100. Review.
Rhumatisme psoriasique Finlande 1995 70 Kaipiainen-Seppanen O, Aho K. Incidence of chronic inflammatory joint diseases in Finland in 1995. J Rheumatol. 2000 Jan;27(1):94-100. Review.
Rhumatisme psoriasique US 1982-1991 66 Shbeeb M, Uramoto KM, Gibson LE, O'Fallon WM, Gabriel SE. The epidemiology of psoriatic arthritis in Olmsted County, Minnesota, USA, 1982-1991. J Rheumatol. 2000 May;27(5):1247-50.
Polyarthrite rhumatoïde Finlande 1995 340 Kaipiainen-Seppanen O, Aho K. Incidence of chronic inflammatory joint diseases in Finland in 1995. J Rheumatol. 2000 Jan;27(1):94-100. Review.
Polyarthrite rhumatoïde US 1996 237 (> 16 ans) Jacobson DL, Gange SJ, Rose NR, Graham NM. Epidemiology and estimated population burden of selected autoimmune diseases in the United States. Clin Immunol Immunopathol. 1997 Sep;84(3):223-43. Review.
Polyarthrite rhumatoïde US 1955-1985 753 (> 35 ans) Gabriel SE, Crowson CS, O'Fallon WM. The epidemiology of rheumatoid arthritis in Rochester, Minnesota, 1955-1985. Arthritis Rheum. 1999 Mar;42(3):415-20.
Vascularite rhumatoïde UK 1988-1998 11 Watts RA et al. Arthritis Rheum 1999 ;42(suppl) :S173
- Incidence = Nombre de cas par an pour 1 million d'habitants
- LES : Lupus érythémateux systémique

Rédacteur : Eric Hachulla
> Reinhold-Keller E, Herlyn K, Wagner-Bastmeyer R et al. No difference in the incidences of vasculitides between north and south Germany: first results of the German vasculitis register. Rheumatology (Oxford). 2002 May;41(5):540-9.