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L'actualité en Rhumatologie

 


Revue de presse hebdomadaire N°119
du 26 novembre 2002
®Medespace 2002


La revue de presse de rhumatologie est réalisée par France-Rhumato sous la direction des Professeurs René-Marc Flipo, Eric Hachulla, et Bernard Cortet en toute indépendance et sous la seule responsabilité des Editions ESTEM.

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Cette revue de presse destinée aux médecins professionnels est soumise à la législation du copyright international et ne peut être diffusée sans l'accord de ESTEM-Medespace.
Nous vous rappelons, en ce qui concerne les revues de presse de Medespace dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche, que les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées (notamment en France par l'AMM) et ne doivent donc pas être mises en pratique systématiquement.

Rôle controversé du TGFbêta dans la physiopathologie de la sclérodermie systémique.
Le TGFbêta (Transforming Growth Factor beta) semble jouer un rôle important dans la synthèse de la matrice et de la différenciation fibroblastique dans la sclérodermie systémique (SSc). Cependant, les anti-TGFbêta ne semblent pas donner de résultats très intéressants chez l'homme. L'implication du TGFbêta en tant qu'agent profibrotique dans la SSc chez l'homme fait encore l'objet de discussion. Des travaux réalisés dans les stades précoces de la maladie montrent des taux élevés de TGFbêta sur les biopsies de peau alors que d'autres études ne retrouvent pas de telles élévations. Il semble que l'ARN messager du TGFbêta soit élevé en phase inflammatoire précoce des lésions, mais pas dans les lésions de fibrose constituées elles-même. Le TGFbêta pourrait ainsi jouer un rôle important dans l'initiation et dans l'extension de la fibrose, mais pas dans son maintien. Etonnamment le TGFbêta est retrouvé plus élevé dans les formes limitées de SSc que dans les formes diffuses. D'autre part, il a été démontré que le fibroblaste de sclérodermie ne sécrète pas plus de TGFbêta qu'une cellule normale et que le fibroblaste de sclérodermie n'est pas plus sensible au TGFbêta, il serait même moins sensible que le fibroblaste normal. Les données concernant les récepteurs du TGFbêta sont aussi assez confuses. Certaines études ont montré qu'il n'y avait pas d'augmentation de fixation de TGFbêta à la surface du fibroblaste de sclérodermie, alors que d'autres ont montré une augmentation de l'expression des récepteurs du TGFbêta à la surface de la cellule. Le TGFbêta est capable d'induire la synthèse de CTGF (connective tissue growth factor). Ce facteur est surexprimé dans la peau de patients atteints de SSc et sur les fibroblastes de patients sclérodermiques maintenus en culture. Dans le travail présenté par Leask et coll., ils ont montré qu'à la surface du fibroblaste de sclérodermie existe une augmentation de l'expression de l'endogline qui est un récepteur de haute affinité pour le TGFbêta qui permet de bloquer l'induction du gène du TGFbêta constituant ainsi un mécanisme de feed back négatif.
Rédacteur : Eric Hachulla
> Leask A, Abraham DJ, Finlay DR et al. Dysregulation of transforming growth factor beta signaling in scleroderma: overexpression of endoglin in cutaneous scleroderma fibroblasts. Arthritis Rheum. 2002 Jul;46(7):1857-65.


L'exposition à la silice augmente le risque de lupus systémique.
Quelques observations ont été rapportées de lupus systémique (LS) chez des patients exposés à la silice. Si la relation silice-PR ou silice-sclérodermie est bien établie, elle l'est moins en ce qui concerne le LS. Une étude faite en Suède rapportait une augmentation significative du risque de lupus chez des patients exposés à la silice : RR = 23,8 ; IC 95% = 10,3-47,0. Parks et coll. rapportent le résultat d'une étude faite chez 265 patients lupiques comparés à une population contrôle de 355 sujets appariés en âge, en sexe, en lieu d'habitation. Il ressort de cette étude que le risque de lupus augmente après exposition professionnelle à la silice, ce risque est majoré en cas de tabagisme associé.
L'exposition à la silice multiplie par 4,6 le risque de lupus systémique.
Odds-ratio = 4,6 ; IC 95% = 1,4-15,4.
Rédacteur : Eric Hachulla
> Parks CG, Cooper GS, Nylander-French LA et al. Occupational exposure to crystalline silica and risk of systemic lupus erythematosus: a population-based, case-control study in the southeastern United States. Arthritis Rheum. 2002 Jul;46(7):1840-50.


Atteinte rénale du lupus.
Seligman et coll. ont montré, par une étude rétrospective ayant rassemblé 773 patients lupiques dont 212 avaient une atteinte rénale, que l'atteinte rénale touche plus volontiers le sujet de moins de 33 ans (hazard-ratio = 1,9 ; IC 95% = 1,7-2,1), et est plus fréquente chez l'homme (hazard-ratio = 1,7 ; IC 95% = 1,5-1,9). Le risque d'atteinte rénale est plus important durant les premières années suivant le diagnostic de lupus.
 

Rédacteur : Eric Hachulla
> Seligman VA, Lum RF, Olson JL et al. Demographic differences in the development of lupus nephritis: a retrospective analysis. Am J Med. 2002 Jun 15;112(9):726-9. No abstract available.


Thermalisme et spondylarthrite ankylosante : résultats d'une étude contrôlée, randomisée.
Ce travail hollandais avait pour objectif d'évaluer le bénéfice, notamment économique, d'un séjour thermal de 3 semaines en addition du traitement médicamenteux habituel de la spondylarthrite ankylosante (SA) associé à une séance hebdomadaire en groupe de kiné-rééducation. 120 sujets hollandais ont été randomisés en trois bras de 40 : un premier groupe qui a fait l'objet d'une cure thermale de 3 semaines dans une station autrichienne, un second groupe qui a fait l'objet d'une cure thermale de 3 semaines en Hollande, et un 3ème groupe qui n'a pas fait l'objet de cure thermale. Au-delà, tous les sujets faisaient l'objet d'une séance hebdomadaire en groupe de kiné-rééducation. Les patients ont été évalués avec 4, 16 et 40 semaines de recul. En termes d'efficacité clinique, le critère principal était la fonction (indice BASFI). Parallèlement à l'évolution clinique, les auteurs ont effectué une analyse des coûts directs et indirects (autoreport hebdomadaire).
111 sujets ont complété la totalité de l'étude. Les auteurs démontrent le bénéfice clinique du séjour thermal avec à titre indicatif un bénéfice statistiquement significatif sur l'ensemble des critères, à l'exception de la raideur matinale. En ce qui concerne la prise en charge thérapeutique, la seule différence significative concerne, dans les groupes ayant fait l'objet d'un séjour thermal, une significative moindre fréquence quant aux prescriptions médicamenteuses. Le coût total moyen sur 40 semaines est évalué à 3023 euros dans le 1er groupe versus 3240 dans le second et 1754 dans le groupe témoin. Les auteurs calculent ainsi le coût moyen correspondant à chaque unité de bénéfice notamment fonctionnel (EVA de O à 10 - aire sur la courbe pour l'indice BASFI).
Rédacteur : René-Marc Flipo
> Van Tubergen A, Boonen A, Landewe R et al. Cost effectiveness of combined spa-exercise therapy in ankylosing spondylitis: A randomized controlled trial. Arthritis Rheum. 2002 Oct;47(5):459-67.


Prise en charge globale de la PR : étude comparative entre une prise en charge gérée par une infirmière spécialisée, versus prise en charge par une équipe multidisciplinaire hospitalière (séjour hospitalier complet de 12 jours), versus une prise en charge multidisciplinaire en hôpital de jour (3 jours/semaine pendant 3 semaines).
Il s'agit d'une étude contrôlée, randomisée. 210 patients ont été inclus entre décembre 1996 et janvier 1999. L'évaluation est faite sur une période d'un an, en aveugle de la prise en charge initiale. Le critère principal de l'étude est la fonction évaluée par le HAQ et le MACTAR.
Les groupes sont comparables à l'entrée. Avant randomisation, 20%, 35% et 45% ont émis le souhait d'une prise en charge globale respectivement plutôt par une infirmière spécialisée ou dans le cadre d'un séjour hospitalier prolongé ou dans le cadre d'hôpitaux de jour.
Avec un recul de un an, les auteurs observent une amélioration clinique dans les 3 groupes, et ceci qu'il s'agisse des divers indices fonctionnels ou de qualité de vie ou d'activité de la maladie. Il n'y a pas de différence significative en ce qui concerne les 3 groupes. Pour autant, en ce qui concerne le score de satisfaction (EVA de 0 à 100 mm), celle-ci apparaît significativement plus élevée chez les sujets ayant fait l'objet d'une prise en charge initiale en milieu hospitalier versus l'infirmière spécialisée (indice de satisfaction moyen de 73 ± 23 dans le groupe "infirmière", versus 85 ± 19 pour la prise en charge hospitalière prolongée et 92 ± 10 pour la prise en charge en hôpital de jour, p < 0,001). Les auteurs remarquent par ailleurs que l'âge des sujets est susceptible d'influencer cette analyse avec, chez les sujets plus âgés, une tendance plus importante à préférer la prise en charge hospitalière de type hôpital de jour répété.
Rédacteur : René-Marc Flipo
> Tijhuis GJ, Zwinderman AH, Hazes JM et al. A randomized comparison of care provided by a clinical nurse specialist, an inpatient team, and a day patient team in rheumatoid arthritis. Arthritis Rheum. 2002 Oct;47(5):525-31.