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Revue de presse
hebdomadaire N°78 du 15 janvier 2002
®Medespace
2002
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Nous vous rappelons, en ce qui concerne les revues de presse de Medespace dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche, que les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées (notamment en France par l'AMM) et ne doivent donc pas être mises en pratique systématiquement.
Transplantation de cellules souches hématopoïétiques et maladies auto-immunes sévères : où en sommes-nous ? A. Tyndall et coll. nous rapportent les conclusions d'une récente réunion internationale ayant repris l'ensemble des données mondiales disponibles concernant la transplantation de cellules souches hématopoïétiques autologues dans le traitement des maladies auto-immunes sévères. 390 observations ont été analysées dont 127 scléroses en plaques, 72 sclérodermies systémiques, 70 PR, 36 arthrites chroniques juvéniles, 34 lupus... Concernant la polyarthrite rhumatoïde, un seul décès est à déplorer au décours des 70 procédures. La réponse clinique apparaît identique à celle obtenue sous thérapies anti-TNFalpha. Pour autant, on assiste dans environ 50% des cas à une rechute clinique ; rechute qui le plus souvent répond à un traitement plus conventionnel (méthotrexate, léflunomide, ciclosporine...). Il semblerait toutefois qu'il faille éviter la ciclosporine dans les suites d'une telle transplantation (impact négatif sur la reconstitution des lymphocytes...). Un consensus a été retenu concernant la poursuite de cette procédure thérapeutique dans la PR : il s'agit de l'étude ASTIRA (autologous stem cell transplantation international rheumatoid arthritis trial). Les malades doivent avoir fait l'essai préalable d'au moins 3 traitements de fond incluant le méthotrexate et une combinaison thérapeutique et échec d'une thérapie anti-TNFalpha ; la maladie doit évoluer depuis plus de 2 ans mais moins de 10 ans, enfin il doit s'agir d'une PR évolutive, destructrice et séropositive.
> Tyndall A, Passweg J, Gratwohl A. Haemopoietic stem cell transplantation in the treatment of severe autoimmune diseases 2000. Ann Rheum Dis. 2001 Jul;60(7):702-7.
Sévérité des affections rhumatologiques : quelle influence des saisons ? L'influence de la météorologie et des saisons sur les affections rhumatismales est couramment admise par l'opinion publique bien que très rares soient les études scientifiques consacrées à ce sujet (et avec des résultats volontiers négatifs...). Cette importante étude nord-américaine a essayé d'évaluer l'influence des saisons sur les 3 pathologies rhumatologiques que sont la PR, l'arthrose et la fibromyalgie (la principale variable des saisons étant la durée de la période diurne avec un lien démontré par ailleurs avec les facteurs thymiques et le risque de dépression). Les auteurs ont utilisé un questionnaire spécifique (SPAQ = Seasonal Pattern Assessment Questionnaire) et ils ont croisé les résultats avec les données du suivi clinique. 1424 sujets ont rempli le questionnaire SPAQ en 1991 (16 items au cours des 12 mois). Le suivi clinique total maximal est de 24 ans (HAQ, AIMS, EVA..., un test d'anxiété et de dépression...).
En fonction du score obtenu sur le questionnaire SPAQ, le pourcentage de malades ayant une influence saisonnière retenue est de 17% pour l'ensemble de la population étudiée, soit 13,2% des PR, 14,4% des arthroses et 23% des fibromyalgies (p < 0,001). Les sujets avec SPAQ > 11 ont en général un score d'anxiété et de dépression plus important mais aussi une sévérité globale plus importante de leur affection rhumatismale.
Pour autant, près de la moitié des sujets reconnaissent percevoir une variation des manifestations rhumatologiques en fonction des saisons, et notamment une aggravation (douleur, opinion globale) en hiver (surtout les mois de décembre et de janvier) ; avec un deuxième pic mineur d'aggravation en juin (le mois de juillet étant considéré comme le meilleur mois). Le paramètre principalement influencé par les saisons est l'intensité des douleurs articulaires, puis l'opinion globale de bien ou de mal-être, puis la fatigue. En fonction des modèles statistiques utilisés, les auteurs pour autant ne font pas ressortir de différence importante en fonction du diagnostic rhumatologique. Néanmoins l'influence des saisons apparaît un peu plus marquée chez les sujets plus jeunes et chez ceux ayant une fibromyalgie. L'influence signalée ne reflèterait cependant qu'une simple perception et non une réalité clinique en raison de l'absence de corrélation avec les paramètres cliniques de suivi ; les scores de sévérité n'apparaissent pas différents notamment entre les périodes d'hiver et d'été.
> Hawley DJ, Wolfe F, Lue FA, Moldofsky H. Seasonal symptom severity in patients with rheumatic diseases: a study of 1,424 patients. J Rheumatol. 2001 Aug;28(8):1900-9.
Infliximab : attention au risque de réactivation tuberculeuse ! Si le rôle du TNFalpha dans la réponse immune contre la tuberculose reste méconnu, l'utilisation d'agents anti-TNFalpha était déjà reconnue comme susceptible de réactiver une tuberculose dans un modèle murin d'infection tuberculeuse latente. Si un seul cas de tuberculose a été mentionné au cours des essais cliniques de développement de l'infliximab, J. Keane et coll. effectuent la revue de 70 cas de tuberculose apparue chez des malades traités par infliximab, recensés par la FDA depuis la commercialisation du produit en 1998 (données de pharmacovigilance de 1998 à mai 2001). Il s'agit de 45 femmes et de 25 hommes âgés en moyenne de 57 ans. 47 souffrent de PR et 18 de maladie de Crohn (5 autres rhumatismes inflammatoires). La tuberculose se déclare en moyenne 12 semaines après l'initiation du traitement (de 1 à 52 semaines). Il s'agit dans 56% des cas d'une tuberculose extrapulmonaire (ganglionnaire dans 11 cas, péritonéale dans 4 cas...). Dans 24% des cas, la tuberculose est disséminée. Deux fois seulement on retient la notion d'un contage récent et dans 8 cas un antécédent tuberculeux connu. Plus de 90% des sujets sont issus de pays à faible incidence de tuberculose. L'estimation de la fréquence de survenue d'une tuberculose dans les PR traitées par infliximab est de 24,4 pour 100 000 sujets par an versus 6,2 pour 100 000 dans une population de PR non traitées par infliximab.
Le traitement est arrêté dès que le diagnostic de tuberculose est porté. L'évolution est défavorable avec 12 décès dont au moins 4 directement secondaires à la tuberculose.
D'autres infections opportunistes sont déjà rapportées sous infliximab (12 cas de listériose, 9 de pneumocystose, 7 d'histoplasmose...). Par contre, le nombre de cas déclarés sous étanercept semble beaucoup plus faible (probables mécanismes d'action différents).
Une information complémentaire doit désormais être effectuée auprès de chaque patient quant au risque potentiel de réactivation tuberculeuse. Enfin, il est essentiel de rechercher une tuberculose latente à l'échelon individuel, et en cas de suspicion d'infection latente les auteurs proposent un traitement préventif préalable.
> Keane J, Gershon S, Wise RP et al. Tuberculosis associated with infliximab, a tumor necrosis factor alpha-neutralizing agent. N Engl J Med. 2001 Oct 11;345(15):1098-104.
Ostéoporose et facteurs génétiques : polymorphisme Sp1 du gène du collagène Ialpha1 : résultats d'une méta-analyse. L'existence d'un polymorphisme du site de liaison Sp1 du gène du collagène Ialpha1 a été suggérée comme étant l'un des facteurs génétiques régulant la densité minérale osseuse (DMO). Mais l'effet défavorable potentiel de l'allèle s n'a pu être confirmé dans de larges études et surtout son influence éventuelle quant au risque fracturaire lui-même, notamment vertébral. Ainsi, des auteurs grecs ont-ils effectué une méta-analyse de l'ensemble des données concernant ce polymorphisme (études par biologie moléculaire - PCR - RFLP). A partir de 22 études, les auteurs en ont retenu in fine 13 émanant d'Europe et des Etats-Unis et évaluant l'influence de ce polymorphisme sur le risque fracturaire. Il y a au total 3 641 sujets, soit 2 418 homozygotes SS, 1 086 hétérozygotes Ss et 137 homozygotes ss. La présence de l'allèle s apparaît associée à un risque fracturaire plus élevé avec un risque relatif de 1,25 (IC 95% = 1,09-1,45) dans le groupe Ss versus SS, un risque de 1,68 (1,35-2,10) dans le groupe ss versus SS, et un risque de 1,35 (1,04-1,75) dans le groupe ss versus Ss. Les résultats sont du même ordre lorsque les auteurs utilisent d'autres méthodes statistiques ou une définition différente du groupe de sujets. L'effet délétère potentiel de l'allèle s est enfin d'autant plus significatif que l'on ne s'adresse qu'aux fractures vertébrales et chez les sujets âgés de moins de 65 ans.
> Efstathiadou Z, Tsatsoulis A, Ioannidis JP. Association of collagen Ialpha 1 Sp1 polymorphism with the risk of prevalent fractures: a meta-analysis. J Bone Miner Res. 2001 Sep;16(9):1586-92.
Protecteurs de hanche : quelle acceptabilité ? Plus de 90% des fractures du col du fémur surviennent au décours d'une chute. L'utilisation de protecteurs rigides a démontré son efficacité réduisant en moyenne de 50% la fréquence des fractures. Ce chiffre n'est pas plus élevé en raison principalement d'un défaut d'observance concernant le port de ces protecteurs dont l'acceptabilité est jugée dans les études variant entre 15 et 80%. Cette étude suisse avait initialement pour objectif de confirmer l'efficacité de ces protecteurs de hanche dans une étude randomisée. Les effectifs insuffisants ont conduit les auteurs à ne publier que les résultats de l'analyse des facteurs associés à l'acceptabilité ou non du port de ces protecteurs rigides. 384 sujets se sont vus proposer initialement les protecteurs de hanche. D'emblée 31,8% ont refusé le port de ces protecteurs. La fréquence d'arrêts du port de protecteurs est à 1 mois de 37,9%, à 2 mois de 58,9%, à 3 mois de 60,7%. En fin d'étude, seulement 35,9% des sujets sont considérés comme "observants". Près de 9 fois sur 10 l'arrêt a été sollicité pour des raisons non médicales (en règle générale sur le simple souhait du sujet avec notion d'inconfort...). Chez les sujets jugés observants, le port moyen couvre près de la moitié de la journée (nuit comprise). Les facteurs qui semblent associés à un port accepté et régulier sont le caractère plus important de la limitation des capacités physiques et l'accumulation des facteurs de risque de chute (si > 3 facteurs de risque, OR = 2,02, IC 95% = 1,1-3,71).
> Hubacher M, Wettstein A. Acceptance of hip protectors for hip fracture prevention in nursing homes. Osteoporos Int. 2001;12(9):794-9.
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